Rétrospective du Japon #1

Le 29 septembre 2016, les valises sont prêtes, les cartes imprimées, airbnb réservé et les deux premières semaines bouclées. On se prépare à 3 semaines de dépaysement total au pays du soleil levant: notre premier voyage en Asie…

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Petite chronologie de notre 30 Septembre 2016 :

decollage-japon– Réveil en trombe à 6h15, à peine le temps d’avaler un café et de se brosser les dents, qu’on se retrouve déjà avec nos deux sacs dans un bus. Direction : La gare Part-Dieu !

– De là, on se fait transporter, à la lueur du levant par le douloureusement coûteux Rhône Express.

– Je passe les détails d’un parcours du combattant, équipés de notre passeport comme seule arme, pour atteindre la salle d’embarquement.

– Et là, c’est le décollage, la légèreté du vol, teintée d’excitation : on est partis !

– Une brève escale prévue à Zurich nous permet de croiser le Mont Blanc par le haut sous un soleil splendide, magnifiant nos chères Alpes.

– Arrivée à Narita après une étrange nuit : c’est déjà le 1er septembre, il est 7h50, on a à peine sommeillé dans nos sièges inconfortables.

– Comme un effet miroir, on met les pieds dans un douloureusement coûteux Narita Express.

Et nous voilà à Tokyo !

On est totalement zombifiés par le vol d’une douzaine d’heure, mais comme il est trop tôt pour récupérer les clés du AirBnb, on planque nos bagages dans une consigne de la gare centrale, et on file vers notre première visite: le palais impérial.

C’est un havre de verdure entouré de buildings ultra moderne.

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L’entrée est payante, mais pas les jardins autour. On y accède en contournant les douves où évoluent les carpes koi, surveillées de près par quelques grues affamées.

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On profitera totalement du calme qui règne à l’intérieur de l’enceinte en s’effondrant sur une pelouse parfaitement entretenue pour une sieste réparatrice.

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Départ pour le carnet de voyage

En Novembre dernier, une amie voyageuse m’a parlé du Festival Quai du départ qui se tient à Lyon chaque année. Elle me proposait de s’inscrire à un atelier sur le carnet de voyage, j’ai été tout de suite emballée, parce que cela fait quelque temps que je souhaite faire des carnets de mes voyages. Je n’ai jamais vraiment réussi parce que tout bonnement : je ne savais pas par où commencer. Est-ce qu’il faut du détail ? qu’est-ce qu’on dessine en voyage ? Et puis nous, en voyage on bouge beaucoup, moi quand je dessine il me faut un temps fou… Toute ces questions m’ont toujours un peu bloquée.

J’ai donc été à cet atelier, malgré le froid saisissant de novembre qui régnait sur les quais du Rhône, pour glaner 2h de bons conseils.

Ludivine Alligier, animatrice de l’atelier, est une jeune femme dynamique et avenante qui nous explique qu’initialement, elle était ingénieur informatique avant de se convertir dans le dessin, ce qui nous démontre déjà qu’il ne faut pas s’encombrer d’a priori. Elle attaque l’atelier par le meilleur conseil qui soit : Faire un croquis sur son carnet, c’est comme faire une photo, il faut un cadrage. C’est tout bête, ça a vraiment sonné à mon oreille comme du simple bon sens, et pourtant je n’y avais jamais pensé!

Il faut donc délimiter mentalement ce qu’on va croquer par des points de repères, et reporter ça sur le carnet. Et là, on a fait ce que j’aurais pas cru faire un jour : prendre les perspectives bras tendu avec le crayon comme repère. Genre des vrais artistes ! On prend le cadre, les principaux points de repère de l’image et on commence à tracer au crayon un schéma rapide de notre « photo » dessinée.

On arrête la phase crayon rapidement. Le problème du crayon, c’est ce que l’on sait mentalement pouvoir se tromper (et gommer), du coup on est moins concentré sur ce que l’on voit réellement, et on a tendance à s’écarter du sujet.

On enchaîne donc au stylo avec les conseils de Ludivine:

  • utilisation du « cube magique » pour les perspectives (un simple cube en perspective mais qui tracé à la va vite à côté nous permet de ne pas se planter dans les perspectives d’un bâtiment),
  • le tracé des feuillages: faire volontairement des petits traits brouillon, pour apporter cette idée de foisonnement des feuilles qui poussent sans ordre apparent,
  • Pour représenter le pavage de la route: délimiter le pavage, et ensuite ne réaliser que quelques pavés dans la surface, suffisant pour suggérer la texture, mais sans trop en faire pour ne pas alourdir le dessin.
  • Pour des fenêtres, ne pas représenter la délimitation de la menuiserie mais plutôt la suggérer en remplissant en noir la vitre
  • Jouer avec le cadre dans la page: ne pas fermer son cadre, le laisser ouvert, pour aérer le dessin
  • Apporter un peu de texte, juste pour jouer avec le dessin et avec des polices différentes. J’avoue que c’est un peu cette partie qui transforme un dessin contemplatif en un début de carnet de voyage! Et ce qui est écrit importe presque pas…

Et c’est tout ! De petit traits en petits traits, les quelques élèves que nous étions arrivons tous à fournir un dessin façon carnet de voyage tout à fait potable. Donc il ne faut finalement pas se poser trop de questions, mais garder juste ces quelques bons conseils en tête.

Et pour avoir une meilleure idée de ce qu’on l’on peut faire en carnet de voyage, le dernier conseil c’est surtout de regarder ce que font les autres ! Le but n’est pas de plagier, mais plutôt de s’inspirer, de ne pas réinventer la roue, de se donner un point de départ sur lequel on pourra développer notre propre style.

Donc voilà le résultat :

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A l’issue de l’atelier, Ludivine nous a conseillé de nous entraîner souvent mais sur des tout petits dessins, par exemple croquer son petit déjeuner. (en plus c’était celui de Noël ! ^^) :

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Au final, je vous conseille d’aller flâner sur son site (http://la-trait.com/855-2/), et pour les plus motivés de jeter un œil aux cours qu’elle dispense. Ça m’a vraiment donné pleins de carte en main pour me mettre – enfin – au carnet de voyage !

Le Japon

Notre voyage au Japon en 3 mots: dépaysant, facile, magnifique.

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Dépaysant bien sûr, parce que la culture nippone est à des kilomètres de celles d’Occident. Les japonais sont tellement agréables et accueillants… Mais ce qui m’a le plus marqué là bas, c’est le respect de tout que manifestent les autochtones. Respect des règles de vie, de politesse, qui fait que ce n’est pas le bazar dans les trains ou les métros, que les rues sont incroyablement propres (alors que c’est la croix et la bannière pour trouver une poubelle publique), que les vélos sont laissés non attachés dehors, ou encore que l’on peut souvent rentrer dans une boutique où il n’y a personne au comptoir à vous guetter du coin de l’œil.

Facile! Et ça c’est la bonne surprise. J’avoue que la perspective d’atterrir dans un pays où on ne parle pas la langue, et surtout où on ne peut même pas la lire à quelque chose d’assez anxiogène. Mais en fait, les japonais traduisent beaucoup de choses en caractères latin – notamment les stations de trains, bus, etc – il est donc assez aisé de s’y retrouver. En plus de cela, l’organisation des transports ou des logements est toujours très logique: les gares de bus sont en sortie des gares de trains même dans les patelins les plus reculés. Via Airbnb, vos hôtes vous envoient à chaque fois des plans pour se rendre chez eux au format de photos de la rue pour bien s’y retrouver. Et pour tout le reste, vous pouvez bien sûr demander à quelqu’un de vous aider: il fera tout pour essayer de vous comprendre et de vous répondre (on a ainsi dialogué par Google Trad interposé!).

Et au delà de ces deux aspects culturel et organisationnel, c’est aussi un pays magnifique. L’humidité ambiante fait des espaces à la végétation luxuriante desquels émergent parfois des toits de Pagodes ou de temples que vous avez à peine le temps d’apercevoir depuis votre fenêtre du Shinkansen. Les villes sont en contraste total avec des rues pleines d’enseignes délirantes, de bâtiments hétérogènes, et… de monde! Mais qui ensemble forment un joyeux embrouillamini où il est agréable de plonger. 

Maintenant que j’ai dit tout ça, je vais quand même finir par une citation tout à fait adaptée, que j’ai attrapée dans un bouquin du vol de retour:

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Comme ce voyage va pas mal alimenter  mes prochains articles, je finis par un peu de contexte.
Le Japon c’était une des destinations à faire absolument pour Pasto et moi depuis longtemps. Et on s’est décidé pour cette année. On a donc planché sur ce voyage depuis avril dernier, le but étant de faire rentrer tout ce qu’on souhaitait voir dans les 3 semaines qu’on allait passer là bas.
3 semaines pleines sur place est parfait pour survoler l’ensemble des sites culturels et touristiques de l’île principale Honshu. Notre périple s’étalait modestement de Tokyo à Hiroshima avec quelques incursions dans les Alpes japonaises et la péninsule de Kii. On se laisse des perspectives de nouveau voyage là bas pour explorer les autres îles et les coins un peu plus reculés.
 Question saison, on a jeté notre dévolu sur l’automne. Le printemps était extrêmement tentant mais bien évidemment, tout le monde veut partir à ce moment là, donc les prix triplent, et impossible de trouver des logements. Du coup l’automne avec ses érables bien rouge s’est imposé, et maintenant qu’on est rentrés, on a aucun regret: c’est une saison idéale!

Refuge Evariste Chancel

Ce weekend, c’était rando!

Comme d’hab a-t’on envie de dire… Mais je répondrais que comme d’hab, c’était un moment de calme, de détente et d’émerveillement devant des paysages splendides.

Nous sommes pour cette fois ci partis de la Grave, station de ski bien connue. Nous avons garé la clio2playstation au pied du téléphérique, mais nous avons boudé ce dernier pour nous dégourdir les jambes, et surtout profiter de la belle ascension qui allait s’offrir à nous!

Donc au départ, on attaque le parc National des Ecrins par dessous la gare de téléphérique en traversant un petit pont qui nous amène sur le sentier. Ca monte, et pas qu’un peu, mais comme on évolue au milieu de champs fleuris très bucoliques, je n’écoute pas les battements de plus en plus fort de mon cœur, et monte allègrement.

L’air est pur, et c’est un plaisir de le respirer! Un peu comme quand tu meurs de soif et que le verre d’eau fraîche devient la meilleure boisson que tu ais jamais bu de ta vie, et bien après l’air saturé des premières chaleurs lyonnaises, celui de la montagne est un vrai bonheur!

Après à peu près 2h d’ascension (je ne détaillerais pas parce qu’on s’est un peu perdus dans la forêt) on atteint la gare de téléphérique intermédiaire. De là, c’est le début des panoramas de rêve: vue sur les glaciers de la Meije auxquels s’accrochent quelques nuages récalcitrants… la grande dame restera cachée sous ses voiles jusqu’au lendemain.

Donc on ne s’attarde pas, et on repart dans le sens opposé en direction de notre foyer pour ce soir: le refuge Evariste Chancel!

Sur le chemin, je sors le Canon pour jouer un peu avec les effets miroir que le Lac du Puy Vachier m’offre en cette fin d’après midi.

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Et puis à la fin du chemin bien balisé, on arrive au refuge, où on est accueillis un peu comme chez un oncle et une tante éloignés, qui te montre vite fait où tu dors, mais guère plus: tu es chez toi, pas de chichis! On est d’autant mieux lotis qu’on a « la chambre des amoureux ». C’est une petite remise sur le côté du refuge qui communique vers l’intérieur et l’extérieur. On y sera tranquille.

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Après un repas excellent  et fort copieux (je repense encore aux croûtons de la soupe qui sont les meilleurs que j’ai pu manger!! -on se satisfait des choses simples, oui m’sieurs dames!)), on se cale dans la salle commune pour glander un peu. Il y a du monde, on discute, on échange, sur les expériences de montagne de tout un chacun, les meilleurs randos et refuges du coin, l’heure du levé pour les alpinistes le lendemain, les fleurs autour du refuge…

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Je finis par sortir l’aquarelle (je ne l’ai pas portée toute la montée pour rien!) et j’attaque une petite vue du Lac de Puy Vachier, depuis le refuge.

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La nuit ne dérogera pas à la règle: En refuge de montagne, si vous êtes au moins deux dans la chambre, il y en a un qui va ronfler! On était que deux. Pasto a ronflé! Juste pour être en accord avec la règle, lui qui ne ronfle jamais!!

Mais la nuit sera quand même plutôt calme et douillette, et se finira avec un réveil tout en douceur: tartines de pain maison, grâce au pétrin monté jusque là depuis Avignon par les proprios!

On ne se presse pas pour repartir: la montée entre le refuge et le col que nous visions est encore trop enneigée pour y aller sans crampons ou raquettes (oui oui, un 26 juin). On repartira par en bas, mais quand même par les vallons de la Meije pour redescendre en profitant tout le long du panorama des glaciers.

La Meije se découvre un peu, et j’arrive à la surprendre entre les voiles de nuages:

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La descente est un peu rude pour les genoux, mais on est encouragés sur le chemin par chamois et marmottes qui nous guettent de loin.

Après un dernier pique-nique avec vue, on se rentre. Comme d’hab, repus de panorama et ressourcés par la marche.

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Calanques de printemps

Suite de notre périple phocéen, Rémy et moi sommes partis pour crapahuter dans les Calanques !

C’est assez grand les Calanques en fait, et à vrai dire, tout tracer en une journée aurait été un peu rude. Et comme le bivouac est désormais interdit, nous avons fait ça en deux fois.

Une première partie au départ des Beaumettes. On s’enfonce doucement dans le maquis pour rejoindre la crête entre Sormiou et Morgiou. Et là paf dans ta face : premier aperçu de la vastitude des côtes déchiquetées et de l’eau turquoise qui l’entoure. C’est une bonne entrée en matière !

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Il fait beau, mais pas très chaud puisque un mistral à décorner les bœufs souffle sans discontinuer. Et pourtant, nous ne sommes pas seuls. Le GR c’est un peu l’autoroute avec des gens en tenue de rando, d’autres presque en claquettes, tous âges confondus. Et on comprend direct qu’avec tous ces terriens (nous compris) qui déambulent probablement non-stop, les Calanques sont un site menacé, à la merci de nos incivilités. Je suis donc plutôt d’accord sur les diverses interdictions (bivouac entre autre) qui encadrent les calanques à partir du printemps. Tous le monde n’est pas indiscipliné mais il en suffit d’un pour dégrader ce site splendide…

On continue donc parmi la « foule » de randonneurs jusqu’à Morgiou, que l’on traverse sans s’arrêter. Le chemin jusque-là sinue d’un vallon à l’autre mais est bien tracé.

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De Morgiou, on suit la ligne d’eau le long des falaises jusqu’à Sugiton. Là encore t’en prends pleins les yeux…

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La calanque de Sugiton étend ses eaux limpides à nos pieds avec en arrière-plan : la grande Candelle, le point le plus à l’est de notre première journée.

Sugiton est bondée de baigneurs (ou en tout cas de crêpes parce que l’eau n’est pas très très chaude). On passe notre chemin en quête d’un coin plus tranquille pour pique niquer, que l’on trouvera juste après la plage de nudistes.

Une fois au pied de la Grande Candelle, ben il faut remonter ! Ça se passe par « l’œil de verre » qui est une sorte de sculpture d’œil accroché à flanc de falaise. Ça m’a beaucoup fait pensé à cet œil bleu que l’on peut voir chez tous ceux qui ont été en Turquie… Mais je pense pas que ça ait grand-chose à voir.

Par contre, pour atteindre l’œil, on est assez surpris du manque de signalisation et de sécurisation de la rando. En fait, c’est même carrément un bout de via ferrata avec chaîne et barres à mine, mais sans aucune sécurité, ou aucune alerte pour randonneur non averti ! En ce qui nous concerne, on range les bâtons et on grimpe. Il y a pas plus de 5 m de pieds-et-mains pour passer dans le val Vierge et continuer la montée vers la Candelle. La montée s’achève aussi en pieds-et-mains par la « Cheminée du diable » qui tiens plus de la faille que de la cheminée, mais qui reste un bon petit passage de grimpe pour les amateurs. Pas de sécurité là non plus, reste à espérer qu’aucun drame ne viendra condamner l’accès de ce passage plutôt sportif.

De là, on rentre aux Beaumettes par l’intérieur des terres.

Jour 2 – Par l’autre côté

Cette fois-ci le décollage se fait de Cassis, direction la calanque d’En Vau. Nous ne sommes plus seuls, rejoins par des copains. Le rythme est un peu plus tranquille.

La rando est spectaculaire encore une fois. Franchement, nous avons fait la Croatie il y a deux ans… avec du recul, on s’est dit qu’on a tout aussi beau voire même plus en France…

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Le chemin de Cassis à En Vau est ponctué de petites plages prises d’assaut. Merci le grand angle pour pouvoir prendre des vues depuis le bord sans avoir les mollets cramés de tous ces gens qui crêpent sur la rive.

En Vau ne se dévoile qu’au fur et à mesure, mais mérite la marche !

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Une descente assez longue dans un pierrier a un peu émoussé le courage de notre petite troupe, mais le cadre exceptionnel de l’arrivée nous a bien remonté le moral.

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Le retour se fait doucement par le même chemin. On retrouve Cassis puis nos pénates lyonnais en peu de temps. On a fait le plein de soleil (il en fallait !!) et moi le plein de photos…

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